Des habitants marchent dans une rue jonchée de carcasses calcinées de véhicules après qu'un incendie de forêt a ravagé Lirquen, près de Concepcion, au Chili, le 20 janvier 2026 ( AFP / Raul BRAVO )
Dans le sud du Chili, ravagé depuis samedi par des incendies meurtriers suspectés d'être intentionnels, des habitants imploraient mardi de l'aide, au milieu des décombres et des fumées persistantes.
Dans la région du Biobio, la plus touchée par ces incendies de forêt gigantesques qui ont fait 20 morts, les flammes ont consumé des quartiers entiers. La majorité des victimes a été recensée dans cette région.
Alors que les secours bénéficiaient mardi d'un certain répit en raison d'une baisse des températures, des habitants imploraient l'aide de l'Etat dans un décor dantesque de voitures calcinées et de maisons réduites en cendres.
L'aide aux sinistrés, plus de 7.200 selon les autorités, reposait essentiellement mardi sur la solidarité locale, selon les témoignages recueillis par des journalistes de l'AFP.
"Je n'ai pas encore vu l'Etat se manifester pour aider", se plaint Manuel Hormazabal, un habitant de Punta de Parra, à une trentaine de kilomètres de Concepcion, capitale régionale du Biobio.
"Nous sommes dans l'obscurité. Il manque des lampes torches et des toilettes chimiques (...) Nous devons aller dans la forêt pour faire nos besoins", raconte l'homme de 64 ans, qui faute de logement dort sous une tente avec ses enfants et ses petits-enfants.
"En définitive, il n'y a que la population qui aide la population. Il n'y a personne d'autre. Ce n'est que maintenant que l'on voit arriver certaines autorités, mais l'aide est minimale", témoigne Maria José Pino, une vétérinaire de 23 ans de Lirquen, une des localités les plus touchées, non loin de Concepcion.
Le sous-secrétaire à l'Intérieur, Victor Ramos, a assuré que "tous les processus étaient en cours d'accélération afin que l'aide parvienne le plus rapidement possible aux habitants".
Près de 4.000 pompiers restaient mobilisés, alors que 21 incendies sont toujours actifs dans les régions de Ñuble, du Biobio et de l'Araucania voisine, avec près de 40.000 hectares partis en fumée, selon la Corporation nationale forestière (Conaf).
- Remise des corps -
Après trois jours de températures proches des 30°C, le thermomètre a reculé mardi.
Vue aérienne des destructions après un feu de forêt qui a ravagé Lirquen, près de la ville de Concepcion au Chili, le 20 janvier 2026 ( AFP / Raul BRAVO )
"Les incendies progressent plus lentement", a indiqué à l'AFP Juan Quevedo, coordinateur national des urgences des pompiers, précisant que la baisse des températures avait été accompagnée d'une hausse de l'humidité et d'un changement de direction des vents, contribuant à freiner l'avancée des flammes.
Il a cependant averti d'un retour attendu des fortes chaleurs la semaine prochaine.
Sur le terrain, les pompiers concentraient leurs efforts sur plusieurs localités du Biobio, où certains feux restaient hors de contrôle, comme à Laja et à Florida.
Parallèlement, la remise des corps aux familles a débuté après un lent processus d'identification. Cinq corps avaient été identifiés mardi, plusieurs victimes ayant été entièrement calcinées.
Sur le plan judiciaire, le parquet a indiqué n'écarter aucune hypothèse quant à l'origine des incendies.
Les autorités ont annoncé mardi l'arrestation d'une personne soupçonnée d'avoir tenté d'allumer un nouveau foyer à Penco, l'une des localités les plus touchées, près de Concepcion.
Des habitants s'organisent pour tenter d'éteindre la végétation en feu lors d'un incendie de forêt à Florida, près de la ville de Concepcion, au Chili, le 19 janvier 2026 ( AFP / Raul BRAVO )
Le ministre de l'Intérieur, Alvaro Elizalde, a évoqué la piste d'actes intentionnels dans le déclenchement de certains foyers. "Les indices (...) indiquent que certains incendies sont malheureusement intentionnels", a-t-il déclaré.
Le ministre de la Sécurité, Luis Cordero, a précisé que des "contenants en plastique partiellement brûlés et contenant encore un liquide accélérant", avaient été retrouvés dans une zone boisée.
Ces feux sont les plus graves depuis février 2024 dans le pays, lorsque des incendies avaient fait 138 morts dans la région de Viña del Mar, sur la côte centrale. L'enquête avait établi que des pompiers et des gardes forestiers les avaient intentionnellement déclenchés.
Selon le Centre chilien de science du climat et de la résilience, l'augmentation des températures et la sécheresse persistante depuis plus d'une décennie ont facilité la propagation des incendies.

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